Vu au comptoir

Vos données et la responsabilité : ce que devient une question posée à Galien.AI

Rédaction Valentin Paulin, pharmacien · Publié le 28 octobre 2026 · Mis à jour le

DonnéesConfiance

Avant d’utiliser un outil d’IA au comptoir, on se pose tous les mêmes questions. Qu’est-ce qui part quand je tape ma question ? Où ça part ? Qu’est-ce qui est gardé ? Et si la réponse est fausse, qui est responsable ?

Ces questions passent avant la vitesse ou la qualité des réponses, et c’est normal. Un outil auquel on ne fait pas confiance ne sert à rien au comptoir : on finit par tout revérifier ailleurs, ou par ne plus l’ouvrir. Je suis pharmacien d’officine et c’est moi qui développe Galien.AI. Voici ce que je veux construire et ce qui se passe réellement avec vos données.

Ce que je veux construire

Au comptoir, retrouver une information fiable prend souvent trop de temps. Il faut ouvrir la BDPM, puis le bon RCP, puis le CRAT, puis Ameli ou Meddispar, chacun avec sa logique.

Galien.AI est né de là : un seul outil qui va chercher l’information dans les sources officielles, vous la restitue en quelques secondes et vous montre d’où elle vient.

Je ne cherche pas à remplacer votre jugement. Je veux vous faire gagner le temps de la recherche, pas celui de la réflexion. La décision reste la vôtre, et l’outil doit vous donner exactement de quoi la prendre en connaissance de cause : la source, la date, le passage exact.

Pour que cela fonctionne, il faut pouvoir s’y fier. C’est pour ça que j’ai fait quelques choix dès le départ et que je les tiens : demander le moins de données possible, n’en garder que le strict nécessaire, toujours citer les sources, et ne jamais trancher à la place du pharmacien. Le reste de cet article les détaille un par un.

Aucune donnée de patient

Vous posez votre question comme vous la poseriez à un confrère : une interaction entre deux molécules, un comprimé qu’on peut écraser ou pas, un code LPP. Galien.AI n’a besoin ni d’un nom, ni d’un numéro de sécurité sociale, ni d’une date de naissance pour y répondre, et ne vous en demande jamais. C’est un choix de conception : sans donnée de patient, il n’y a pas de dossier patient chez moi, et pas de secret médical à protéger dans mes bases.

J’ai ajouté un filtre qui bloque la question quand il repère un identifiant évident : NIR, INS, téléphone, courriel, date de naissance (« né le… »), numéro de dossier. La règle reste simple : aucune donnée qui permette de reconnaître un patient dans la question.

Garder le moins possible

Mon principe est de ne garder que ce qui sert à faire fonctionner l’outil pour vous, et pas plus longtemps que nécessaire. Vos données ne sont ni vendues ni cédées, à personne.

Pour créer votre compte, je vous demande votre prénom, votre nom, votre courriel, le nom de votre officine et votre numéro RPPS. Le RPPS est vérifié auprès de l’Annuaire Santé : c’est ce qui me permet de réserver l’outil aux pharmaciens.

Vos conversations sont gardées 30 jours après le dernier message, uniquement pour que vous puissiez revenir sur une réponse. Ensuite elles s’effacent automatiquement, et vous pouvez en supprimer une à tout moment depuis l’historique. Pour l’essai sans compte, rien n’est enregistré dans un historique : je compte seulement le nombre d’essais par jour à partir d’une empreinte de l’adresse IP, jamais l’adresse elle-même.

Pour suivre le bon fonctionnement du service, je regarde des compteurs : nombre de questions, temps de réponse, molécule reconnue. Ces statistiques ne contiennent pas le texte de vos questions.

Si vous êtes abonné, le paiement passe par Stripe. Je n’ai jamais vos coordonnées bancaires.

Où partent vos questions

Galien.AI s’appuie sur quelques prestataires. Quand j’avais le choix, j’ai pris l’option européenne : la base de données est à Paris, les serveurs du site aussi, et la recherche web passe par un service qui traite les requêtes dans l’Union européenne. Voici qui fait quoi.

PrestataireCe qu’il faitOù
SupabaseLa base de données : votre compte et l’historique de vos conversationsParis
VercelL’hébergement du site, dont les serveurs tournent à Paris. Garde des journaux techniques (adresse IP, heure, page)Société américaine, sous clauses contractuelles types
AnthropicLe modèle d’IA (Claude) qui lit les sources et rédige la réponse, y compris en recherche approfondiePeut traiter les données hors de l’Union européenne
OpenAILa traduction, et le relais si le modèle principal ne répond pasPeut traiter les données hors de l’Union européenne
ParallelLa recherche de sources sur le web. Il ne reçoit qu’une courte requête de recherche, jamais votre conversation ni votre compteUnion européenne, selon ses engagements
Resend, StripeLes courriels du service, le paiementÉtats-Unis pour Resend, Irlande pour Stripe

Pour le modèle d’IA, je n’ai pas cette garantie aujourd’hui. Le texte de votre question peut donc sortir d’Europe : il est envoyé à Anthropic pour produire la réponse, et à OpenAI dans les cas de traduction ou de relais. Ces transferts sont encadrés par les clauses contractuelles types de la Commission européenne. Votre compte et votre historique, eux, restent stockés à Paris. C’est aussi pour ça que l’absence de donnée de patient compte autant : ce qui part, c’est une question de pharmacologie, pas un dossier.

Anthropic et OpenAI indiquent ne pas utiliser les données de leurs API professionnelles pour entraîner leurs modèles, sauf accord volontaire. C’est leur engagement, je ne peux pas le garantir à leur place. Ils gardent aussi certaines données jusqu’à 30 jours, avec des exceptions (sécurité, obligations légales). Quand vous supprimez une conversation chez moi, elle disparaît de Galien.AI, mais je ne peux pas promettre qu’elle disparaît le jour même de leurs journaux.

Qui décide au comptoir ? Vous

Galien.AI va chercher l’information dans les sources officielles et vous la restitue avec ses références. Il ne calcule pas de dose pour un patient, ne valide pas et ne refuse pas une ordonnance, et ne vous dit pas si un patient peut prendre, arrêter ou modifier un traitement.

C’est une ligne que j’ai tracée dès le départ et que je ne franchirai pas à la légère. D’abord parce que l’outil n’a aucune donnée sur le patient en face de vous : il ne pourrait pas conclure à votre place sans inventer. Ensuite parce que c’est votre métier et votre responsabilité, et qu’un outil qui prétendrait décider vous retirerait le moyen de vérifier. La vérification et la décision restent les vôtres, comme avec n’importe quelle base documentaire.

Des sources que vous pouvez ouvrir

Quand la recherche aboutit, chaque réponse affiche ses références. Elles sont là pour que vous puissiez contrôler en un clic : le bon produit, le bon dosage, le passage qui dit vraiment ce que la réponse affirme. Une IA peut se tromper, et la meilleure protection reste de pouvoir remonter à la source. Une recherche peut aussi rater un document ou n’en lire qu’une partie, je l’explique dans l’article Comment Galien.AI recherche une information médicament. La liste des sources que l’outil sait consulter est publique.

Et pourquoi pas ChatGPT ou Gemini ?

La question est légitime : ces outils sont rapides, souvent gratuits, et parfois impressionnants. Mais ils sont pensés pour répondre à tout le monde sur tous les sujets, et la confiance qu’on peut leur accorder au comptoir n’est pas la même.

Un assistant généraliste peut répondre de mémoire, sans vous dire d’où vient l’information ni de quand elle date. Dans leurs versions grand public, ces assistants peuvent aussi, selon leurs réglages, se servir de vos conversations pour améliorer leurs modèles. Sur ces deux points, j’ai fait l’inverse : Galien.AI répond exclusivement à partir des documents qu’il vient de lire dans les sources officielles, et il les cite. Il passe par les API professionnelles des fournisseurs d’IA, qui indiquent ne pas utiliser ces données pour l’entraînement.

Ce n’est donc pas une question d’intelligence du modèle. C’est une question de cadre : savoir d’où vient chaque réponse, savoir ce que deviennent vos questions, et savoir que l’outil a été pensé pour le comptoir, par quelqu’un qui y travaille.

Construire la confiance, concrètement

La confiance ne se décrète pas dans un article, elle se gagne réponse après réponse. Voici ce que je fais pour la mériter :

  • Je vous dis ce que je ne peux pas garantir, plutôt que de promettre l’impossible. Vous en avez lu plusieurs exemples ici.
  • Je tiens la même ligne dans le produit, sur le site et dans mes échanges : l’outil documente, le pharmacien décide.
  • Quand un prestataire ou une règle de conservation change, la politique de confidentialité est mise à jour, avec sa date.
  • Vos retours comptent vraiment. Un pouce vers le bas sur une réponse, je le regarde, et c’est souvent comme ça que je trouve ce qui doit être corrigé.
  • Quand vous m’écrivez, c’est moi qui réponds, pas un service client.

Ce que vous pouvez faire

Vous pouvez supprimer vos conversations, exporter vos données ou supprimer votre compte directement depuis votre profil. Pour toute autre demande sur vos données, écrivez-moi à paulinvalentin@galienai.fr.

Tout le détail est dans la politique de confidentialité. Et si une question n’y trouve pas de réponse, posez-la-moi : elle finira probablement dans la prochaine version de cet article.

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